#ITyPA – LE MOOC CONNECTIVISTE, L’ART DU MINIMALISME ?

 

Les premières réflexions sur ce cours pas comme les autres fusent depuis hier.  Les articles, les tweets, les commentaires sur la 1ère conférence, les forums portent tous un peu  les mêmes interrogations. On se sent perdus, à la recherche du contenu, de ce fichier pdf ou de ces diapos powerpoint qu’on nous fournit habituellement dans tout cours digne de ce nom. C’est si rassurant un cours « comme à la FAC », d’avoir un fil conducteur de nos apprentissages. « Et au fait, on commence par quoi ? » On se sent frustré par cette technique (ou modération) qui ne suit pas et nous empêche d’obtenir toutes les réponses à nos questions, ou de gérer facilement le flux titanesque d’informations liées à ce MOOC. Le 1er MOOC francophone serait-il victime de son succès et de ses 900 inscrits ?

Je ne crois pas. Plus j’avance dans cette expérience, plus je me dis : « Et si c’était fait exprès finalement ? », « Si c’était ça le cœur d’un MOOC connectiviste ? ».

Nos bienveillants guides dans cette aventure n’ont rien d’hommes en cape noires qui ourdissent des plans machiavéliques dans la nuit. Quoique.. Je me demande s’ils n’ont pas finalement comploté dès le début, toutes nos errances ?

On trouve l’exemple suspect type dans le déroulement du cours au niveau de l’explication pour « ouvrir un blog ». Certes la vidéo explique avec des mots très simples ce qu’est un blog… mais si un néophyte  arrive à comprendre comment ouvrir un blog juste en visionnant cette vidéo, moi je lui tire mon chapeau ! Cependant on survit tous. On cherche par soi-même. On s’entraide. D’autres participants créent de superbes tutoriels pour nous tirer de ce mauvais pas, on explique beaucoup. On se dépanne. On propose aussi beaucoup pour faire avancer les choses,  les structurer, pour suggérer des outils, des contenus théoriques fondamentaux à nos bienveillants guides. Et finalement même si ces idées ne sont pas retenues, elles profitent mine de rien à toute la communauté.

On se retrouve en fin de compte presque obligé de mettre les mains dans le cambouis.  Adieu la place douillette de spectateur qui attend qu’on lui fournisse la solution. Je suis désespérée par tant d’informations à gérer. Ok personne ne les gèrera à ma place, à moi de
trouver MES solutions, de tester des outils techniques, de m’inspirer des solutions trouvées par les autres, de me positionner face à ce problème. Mes choix sont  la solution.  Et ils aideront peut-être d’autres à imaginer leurs propres solutions.

Aurait-ce était possible avec une super plateforme à la pointe de l’e-learning ? Pour avoir suivi des cours de licence en FOAD, je ne pense pas.

Le minimalisme de ce MOOC, le minimalisme des contenus,
nous pousse à devenir responsables de nos propres apprentissages.
On expérimente !

Le minimalisme
nous pousse à interagir les uns avec les autres et non seulement avec les « professeurs ».
On se connecte !

 

Tout est là. Je ne sais si c’est une stratégie pédagogique volontaire. Après tout, il m’est déjà arrivé de  l’utiliser au sein de l’espace numérique dont je m’occupe. Tout est dans l’art de ne pas faire son métier avec trop d’empressement : ne pas sauter trop vite sur la personne qui semble tâtonner devant son PC, attendre un peu avant d’aller à son secours, et… la magie opère devant vos yeux, indépendamment de vous. Ce jeune assis à côté d’elle qui ne sait que facebooker et faire peur avec sa casquette aux petites vieilles dans la rue, commence justement à l’aider cette petite vieille, lui montrer comment insérer une photo dans son email. Elle trouve sa réponse, il trouve un peu d’estime de soi, s’approprie encore plus ses connaissances en les transmettant. Mais surtout, ils se parlent, se regardent autrement. A côté, je ressemble sans doute à une fonctionnaire paresseuse qui pourrait se lever plus vite de sa chaise. Ce n’est pas la posture la plus confortable pour un professionnel qui doit sans arrêt rendre des comptes. Tout comme avoir l’image « d’êtres dépassés pas l’ampleur de l’évènement »  n’est peut-être pas très glorieux pour l’image de nos bienveillants guides, mais qu’est-ce que c’est enrichissant quand on est du côté des apprenants !

Alors Merci à eux d’avoir eu le courage de cette aventure « inconfortable » !
#ITyPA zen ce MOOC ?

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13 réponses à #ITyPA – LE MOOC CONNECTIVISTE, L’ART DU MINIMALISME ?

  1. Jmarcfj dit :

    Bonjour,

    J ai également suivi la web-conférence d’introduction et votre avis m’intéresse car il est complètement différent du mien aussi bien sur l’analyse que le ressenti.

    Pour assister à cette web-conférence, j ai eu une première information sur Twitter, puis je suis allé m’inscrire sur le site itypa.mooc et enfin YouTube.

    Cela signifie que pour accéder à cette information d’introduction mes pré-requis étaient de savoir naviguer sur le net, m’inscrire à Twitter et au site relais, connaître la langue de Twitter, être déjà intéressé par l’apprentissage on Line et même connaître l existence des mooc anglophones et francophones.

    La web conférence a commencé, les différents intervenants se sont présentés brièvement et dynamiquement puis Dave Cormier est intervenu et là, je me suis endormi. Entre la slide fixe, un accent qui a vite saturé mon canal auditif, j étais comme un apprenant qui écoute un sage avec son livre et qui s’endort. J’ai vécu ce qu’éprouve de nombreux élèves depuis la nuit des temps.

    En lisant votre article, je comprends que l’introduction avait pour objectif de construire un blog, grande nouvelle.

    Si le pédagogue ne sait pas qui est l’apprenant, si on ne sait pas ou on doit aller, on arrive juste nulle part. Une heure de web-conférence pour cela, quel chemin torturant pour l’apprenant.

    Pour ma part, le premier travail des pédagogues est de respecter le cerveau de l’apprenant, créer des liens dans le confort et le plaisir, augmenter le désir d’apprendre.

    Bien sur, c’était une première, des couacs de rodage mais quand on perd d’entrée de jeu l’intérêt de l’apprenant, la seule chose qui nait chez lui est que la solution pour mieux apprendre est ailleurś, en tout cas c’est mon ressenti.

    Je vais continuer à suivre ses cours car pour l’instant, il me conforte dans d autres solutions d’apprentissage en ligne grand public. Peut être que je changerais d’avis en chemin mais ce qui me vient à l’esprit est : quel gâchis !

    Le seul bénéfice est la sensibilisation auprès des professionnels et futurs pro sur l’intérêt de réussir le démarrage d’une action de formation et de partage, en tout cas c’est le seul que j’ai trouvé.

    Au plaisir d’échanger à nouveau.

    • admin dit :

      Bonjour,

      Tout d’abord, ce billet n’était pas vraiment lié uniquement à la 1ère conférence #ITyPA , c’était surtout un billet de réaction aux réactions des apprenants (que ce soit par rapport à la conférence, la plateforme, le contenu etc..). Mais, effectivement, sa genèse est aussi liée à mes propres interrogations ou frustrations. J’ai simplement choisi au lieu de prendre du recul, de rejeter en bloc cette nouvelle forme d’apprentissage, ou d’être sur la défensive, de faire quelques pas de côté pour tenter de regarder cette expérience avec un éclairage différent, et ainsi peut-être l’analyser et la comprendre différemment.

      Le chemin qui m’a conduit jusqu’à ce MOOC et donc cette conférence diffère beaucoup du vôtre. Ca a commencé par un mail dans ma boite de réception, envoyé via une liste de diffusion professionnelle. Je n’avais jamais entendu le mot MOOC avant ce jour. C’est ma seule curiosité donc qui m’a poussé à m’inscrire sur le site. Une fois, inscrite, en lisant le déroulé des cours, puis grâce aux mails envoyés par les organisateurs, j’ai reçu le lien Youtube de cette conférence. La seule difficulté a été de retrouver la bonne vidéo via la chaine youtube des organisateurs vu que le lien était erroné. Mes pré-requis personnels pour y accéder étaient donc : savoir lire mes mails, m’inscrire sur un site, visionner une vidéo youtube. A côté de ça, dans un enseignement à distance classique, pour visionner une vidéo de conférence, il me fallait : remplir le formulaire délivré par l’université en envoyant des justificatifs, me confronter à l’administration de celle-ci, payer des frais de scolarité, récupérer des identifiants, aller sur la plateforme pour visionner dessus la vidéo qui n’était accessible que pour les étudiants inscrits (avec un lecteur propre à cette plateforme et non via un site grand public comme youtube). Je ne sais pas vraiment ce qui requière le plus de pré-requis au final.

      La web conférence n’était pas parfaite c’est vrai. J’aurais aimé une présentation encore plus courte des intervenants (dont je pouvais lire qui ils étaient sur le MOOC) pour laisser plus de place à Dave Cormier ou la possibilité plus visible de poser des questions en amont (c’est impossible d’interagir à 900 autrement) par exemple. Les bugs de slide ne m’ont pas gêné vu que je n’ai pas regardé la vidéo, je l’ai juste écoutée. Question purement organisationnelle de mon timing d’apprentissage. Ecouter me permet de faire autre chose en même temps. Je passais donc seulement de temps à autres devant mon écran pour jeter un coup d’œil aux commentaires, participer un peu à l’ambiance, mais je n’étais pas scotchée dessus. Et au final, cette conférence m’a tout de même apporté quelques pistes de réflexion (dont je parlerais dans un prochain billet).

      Je pense que notre ressenti vis-à-vis de cette conférence, dépend essentiellement des enjeux que l’on plaçait en elle. Ce n’était qu’une introduction, et à ce titre, nous avons bien eu la présentation des protagonistes, un survol du concept du MOOC via un témoignage, et l’annonce du « plan » (ce qu’on va faire dans les prochaines semaines). On n’a pas encore attaqué le 1er chapitre ! Pour ma part, j’avais surtout envie d’être là pour la première, de me dire que quelquepart, virtuellement, j’étais assise aussi autour de la table quand la « révolution MOOC » a commencé en France. Je n’attendais pas spécialement un contenu particulier, juste refaire le monde autour d’un verre, écouter l’enthousiasme et l’expérience de Dave Cormier. La suite et son plat de résistance finira bien par arriver.

      Les enjeux dépendent aussi de nos situations professionnelles. On peut effectivement se poser la question de cet outil pour le grand public (même s’il ne faut jamais le sous-estimer ^^). L’apprentissage via un MOOC nécessite de l’autonomie, c’était d’ailleurs un des points soulevé par Dave Cormier. Notre scolarité n’est pas réellement conçue à l’heure actuelle pour nous aider à acquérir ce degré d’autonomie dans l’apprentissage. France et Canada même combat à ce niveau. Plutôt que d’y voir une limite rédhibitoire, cela me pousse surtout à m’interroger sur le comment semer ces graines d’autonomie d’apprentissage dans mon travail quotidien, mon domaine étant l’éducation informelle. Histoire de temporiser un peu le choc culturel de la première immersion dans un MOOC aux futures générations possibles d’apprenants, (choc que nous sommes plusieurs à expérimenter de plein fouet loool).

      Bizarrement, plutôt que d’émousser ma motivation, au contraire cela booste mon envie d’en apprendre plus. Je suis arrivée sur ce MOOC sans réels objectifs. C’était juste de la curiosité, comme on colle son nez sur la vitrine d’un magasin avant de passer son chemin. Mais j’aime le suspens, les défis, chercher à comprendre et à décortiquer ce qu’on ne m’explique pas, trouver mes propres solutions. A ce titre, #ITyPA continue parfaitement de titiller ma curiosité.

      Et quand je me sens abandonnée au milieu de tout ce bin’s. Je me dis quand même que nos bienveillants guides ne sont pas fous, ils nous laissent en compagnie de chercheurs en éducation, d’ingenieur en e-learning, d’universitaires, d’informaticiens, de professionnels du sujet. En lisant les présentations, on se rend compte qu’il y a quand même pléthore de personnes ressources possibles parmi les apprenants. Nous ne sommes pas seuls face à notre apprentissage. Vous êtes tous là looool !

      PS : A propos de MOOC et de formation de masse, un lien que j’ai apprécié pour nourrir mes réflexions : http://chronicle.com/blogs/worldwise/moocs-mass-education-and-the-mcdonaldization-of-higher-education/30536

      • Jmarcfj dit :

        Je saisi le pourquoi de votre texte initial grace a l’explication detaillee que vous avez redige.
        En conclusion, votre ressenti vous appartient, il a ses propres ressorts qui sont différents d’un autre.
        Bon mooc

  2. Stefan dit :

    beau billet avec la tête et le cœur ! je me suis retrouvez assis l’espace d’un instant entre la mamie et le jeune à la casquette…. de côté.

  3. pib dit :

    Bonjour,
    « On se sent perdus, à la recherche du contenu, de ce fichier pdf ou de ces diapos powerpoint qu’on nous fournit habituellement dans tout cours digne de ce nom.  »
    Je ne vois pas le support visuel de cette façon. Pour l’intervention de Dave Cormier, j’aurais aimé non pas un PPT bien léché mais une meilleure utilisation du tableau blanc. En effet, quand j’écoute, je ne retiens RIEN, j’ai besoin de doubler le canal visuel par le canal auditif. Un des animateurs pourrait synthétiser en direct ce qui se dit.
    Quoiqu’il en soit, au-delà de la nécessaire phase de rodage du Mooc, l’ode à la noyade qui a été entonné ne peut nous exonérer de veiller à appliquer un minimum de techniques de communication et d’enseignement / formation.
    Bien du bonheur

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  6. LondonCalling dit :

    Très bon post, nous avons tous été tellement habitués à la becquée du ppt/liste de ressources & d’exercices (et l’absence de véritable autonomie et appropriation qui en résulte) que « la noyade » est un peu déstabilisante! J’aime beaucoup les catch-phrases sur le minimalisme, je trouve qu’elles résument bien l’esprit du MOOC :) .

    Par contre j’aimerais répondre à « pib ». A mes yeux la vidéo était une conversation plutôt qu’un cours, et donc je ne l’ai pas compris comme un enseignement. Mon but est de dépasser l’idée du prof comme expert et d’arriver à la notion du prof comme facilitateur/modérateur. C’est une approche que j’aimerais mettre en place quand j’ « enseigne »/facilite l’apprentissage. Dans ce cas précis, comme j’apprends moi aussi de façon extrêmement visuelle, je savais que je devais prendre quelques notes pour me souvenir de quelques points précis et aiguillonner ma réflexion………(le potentiel contenu du blog qu’il faut créer pour ce MOOC?)

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  10. Bonjour à vous,
    C’est ce qui m’intéresse dans ce cours, le minimalisme des « animateurs ». Le ton du discours n’était certes pas « bien léché » mais j’ai aimé les idées qui s’en dégageaient:
    1 Nous sommes responsables de ce que nous faisons
    2 Nous décidons de notre réussite, nous positionnons notre curseur
    3 Devenir acteur
    4 Échanger, partager…
    Je m’arrête là.
    Là où je suis encore plus enthousiasme, c’est que ceci est proposée en formation dans une ou deux écoles d’ingénieur. Et là, je dis bravo. Ouf, on sort d’un système formaté, bien pensant où le Prof a toujours raison. Et je sais de quoi je parle, je suis enseignante à l’Université, ou plutôt, j’étais.
    Vous pouvez dire ou penser ce que vous voulez, cela fonctionne. Je suis novice en blog, flux RSS…j’ai fait des erreurs, les participants m’ont corrigé, j’ai eu beaucoup de soutien.
    Être dubitatif, c’est déjà ne pas se laisser aller à la créativité, à la nouveauté, c’est se mettre des freins tout seul. Alors, en commençant ainsi, c’est sur, l’aventure sera ce que vous aurez programmé: un échec! Dommage.

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